Gers : les organisations écologistes dénoncent une "mise en pratique concrète des menaces" après des heurts lors du procès de Bertrand Venteau

09 septembre 2026 - 12:49

Visées par des jets d'oeufs pourris et des insultes à leur entrée et sortie du tribunal d'Auch jeudi dernier lors du procès de Bertrand Venteau, les parties civiles - et derrière eux onze organisations écologistes - dénoncent des menaces mises à exécution par les soutiens du président de la Coordination Rurale. 

Un « jeudi noir pour Auch, pour les libertés publiques, pour la démocratie et pour les valeurs républicaines » se désolent onze organisation écologistes – parmis lesquelles Les Amis de la Terre du Gers, France Nature Environnement Occitanie Pyrénées ou les Ecologistes – à l'issue d'une journée d'audience au tribunal d'Auch achevée pour les parties civiles sous les huées et les œufs avariés. Présents en nombre sur le parking du tribunal, les soutiens de Bertrand Venteau « ont mis en pratique concrètement les menaces verbales de leur président pour lesquelles il comparaissait » regrettent les écologistes. Ces derniers déplorent par ailleurs un dispositif sécuritaire « allégé » en fin de manifestation et lors de la sortie de tribunal des parties civiles, « mettant en danger l'ensemble des participants ». Des plaintes sont en cours d'étude expliquent les signataires qui considèrent que « ces agissements ne peuvent et ne doivent pas perdurer en toute impunité ».

Le communiqué :

A Auch et dans le Gers, il y aura un avant et un après le jeudi 3 septembre 2026. Ce jour là, Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale a comparu devant le tribunal judiciaire d’Auch pour répondre de ses propos tenus lors du congrès de son syndicat le 19 novembre dernier dans la même ville : “Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau”. Ce jour là fut un jour de haine, un jeudi noir pour Auch, pour les libertés publiques, pour la démocratie et pour les valeurs républicaines, avec un déferlement de violence qui ne s’était encore jamais produit dans notre département. Ce jour là, les membres de la CR venu.e.s soutenir leur président ont clairement montré que cette formule n’était pas une figure de style, mais une réalité. En effet, avant, pendant et après le déroulé du procès au tribunal, les adhérent.e.s de ce syndicat ont mis en pratique concrètement les menaces verbales de leur président pour lesquelles il comparaissait, dans une logique de violence allant bien au delà de l’intimidation.

Les parties civiles au procès (France Nature Environnement, France Nature Environnement Occitanie-Pyrénées, Générations futures, Les Amis de la Terre du Gers) – qui avaient demandé pour certaines une protection policière pour se rendre au tribunal - ont été victimes de violences organisées de la part de la CR qui occupait l’espace devant le Palais de Justice, avec sifflets, insultes, jets d’oeufs pourris. Tout.e.s les représentant.e.s d’association ont été visé.e.s, mais deux personnes - Sylvie Colas, porte-parole de la Confédération paysanne et Benoît Biteau, agriculteur et député écologiste – ont été particulièrement pris pour cible avec une tentative d’agression physique : “On va te crever”. Le président du tribunal a d’ailleurs exprimé sa désapprobation en expliquant qu’en France, dans un Etat de droit, tout.e citoyen.n.e devait pouvoir rentrer dans un tribunal sans la moindre crainte.

Tout au cours de la journée et au moment de la sortie du tribunal, les personnes et les associations rassemblées pour porter la défense de l’environnement ainsi qu’une vision différente de l’agriculture, ont subi le même sort. Citoyen.ne.s, syndicalistes, paysan.ne.s, député.e.s ont été harcelé.e.s, avec là encore des insultes, des oeufs pourris et une tentative d’agression physique place de la Libération. Le dispositif des forces de l’ordre qui devait pourtant empêcher toute la journée de tels débordements et assurer le maintien de l’ordre public, s’est avéré insuffisant et a été même allégé avant la fin de l’audience et du rassemblement, mettant en danger les parties civiles et l’ensemble des participants.

Ces agissements ne peuvent et ne doivent pas perdurer en toute impunité. Des plaintes sont en cours d’étude par les personnes, les élu.e.s et les organisations victimes d’agressions de la part des adhérent.e.s d’un syndicat qui ne rassemble pas la majorité des agriculteurs et qui masque la dangerosité de ses propositions sous une démarche démagogique, en prenant l’écologie comme bouc émissaire.

La soi-disante opposition irréconciliable entre l’écologie et l’agriculture et entre les syndicats d’agriculteurs.trices permet au modèle agro-industriel de perdurer, en proposant toujours plus de pesticides et de consommation d’eau, au mépris de l’environnement, de la biodiversité, de la santé des consommateurs.trices et des agriculteurs.trices eux.elles-mêmes.

Il est possible de faire évoluer les pratiques agricoles vers plus de respect des sols, de l’air, de l’eau, de la santé publique, en sortant du vieux modèle productiviste et destructeur qui ne permet pas une rémunération juste du travail des paysan.ne.s. Il enferme l’agriculture et les agriculteurs.trices dans une voie mortifère et est responsable de la transition profonde du modèle familial vers l'industrialisation et la précarité.

Rédaction

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