Réforme de l'assurance-chômage : "Beaucoup de gens ont envie de râler"

24 mars 2021 - 06:10

Une soixantaine de personnes s'est rassemblée hier devant les locaux du Pôle Emploi à Auch à l'appel de l'intersyndicale CGT-Sud Solidaires. Sur fond de contestation, la réforme de l'assurance-chômage. Si son application a été retardée pour cause de crise sanitaire, elle devrait entrer en vigueur le 1er juillet -selon les syndicats- avec un nouveau mode de calcul des indemnités très controversé. Relevant même de « l'aberration » selon les personnes que nous avons pu rencontrer hier. Parmi elles, Angèle, de la CGT du Gers. Elle assure le discours devant un parterre de sympathisants venus dénoncer la réforme. « On est toujours contre cette réforme parce qu'elle va créer plus de précarité chez les pauvres. Il faudra notamment que les personnes travaillent désormais six mois pour prétendre à l'allocation chômage, c'est inadmissible ». C'est l'une des mesures à l'origine de ce mouvement social. La réforme prévoit en effet d'augmenter le nombre de mois de travail à six contre quatre actuellement, sur les vingt-quatre derniers mois, pour prétendre à une indemnisation. « Le but est de récupérer de l'argent alors qu'on est déjà en pleine précarité. C'est dur, on sent la volonté du gouvernement de faire passer la réforme alors que tous les syndicats y sont opposés ». C'est aussi la singularité de ce mouvement social, les syndicats marchent à l'unisson. « Ce n'est pas toujours le cas, poursuit Angèle. Le taux de chômage dans le Gers a augmenté de 8% en un an. On craint beaucoup pour l'avenir. Et pour celui des intermittents du spectacle. »

« Dialoguer avant que ça pète »

Les intermittents justement. Ils sont quelques uns à avoir quitté le dôme de CIRCa qu'ils occupent depuis la semaine dernière pour venir dénoncer la réforme de l'assurance-chômage. Parmi eux, Raph. Ce jeune homme, qui se décrit comme un « militant au service des autres », est venu apporter de la soupe aux dizaines de personnes venues manifester. Depuis les locaux de CIRCa, qu'il occupe avec d'autres militants frappés par la dureté économique de la crise sanitaire, il voit dans l'émergence des mouvements sociaux le moyen de créer « une convergence des luttes » dans le respect des consignes, tout en réclamant « la démission de Macron ». « Aujourd'hui c'est pacifique, mais ça monte tout doucement. Si ça continue, on va recommencer à bloquer les raffineries. C'est le début d'une spirale car beaucoup de gens ont envie de râler.  ». Le point majeur sur lequel Raph est venu gonfler le cortège de manifestants, c'est avant tout pour « répandre l'amour universel sur terre à coup de compassion et de bienveillance ». « Mais cette assurance-chômage va accentuer la pauvreté. Des gens qui n'ont rien, et qui vont souffrir encore un peu plus, alors que les riches sont encore plus riches. J'aimerais dialoguer dans le respect avec eux. Leur faire comprendre que le capitalisme entraine l'individualisme et j'en appelle aux riches : nous sommes en 2021, il est temps de partager les richesses ».

N.M

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