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Nouveau cas de grippe aviaire : " Les éleveurs sont touchés. Humainement, c'est très dur"
Nouveau cas de grippe aviaire : " Les éleveurs sont touchés. Humainement, c'est très dur"
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23 mars 2021 - 06:15
On le pensai
t désormais loin de nos terres. Malheureusement, le virus
de l'influenza aviaire
H5N8
hautement pathogène continue de circuler dans le département du Gers. Si les laboratoires doivent encore confirmer sa présence, tous les signes démontrent qu'un foyer a bien été détecté sur la commune de Castelnau-Barbarens, au sud-est d'Auch, ce week-end. « Un coup de massue » pour les éleveurs selon Bernard Malabirade, président de la ch
ambre d'agriculture du Gers.
Les inquiétudes semblent se confirmer. Cette ferme de filière courte à Castelnau-Barbarens est bien touchée par un foyer de H5N8.
C'est un foyer symptomatique, c'est-à-dire que les canards montrent des signes cliniques du H5N8. Il n'y a pas de doute, c'est un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène. C'est ce qu'on a connu sur les 64 autres foyers dans le département mais la particularité, c'est qu'il se situe dans une zone de faible intensité en palmipèdes. Il a donc un faible impact sur les productions en place mais, aussi, une forte conséquence car on ne va pas remettre de production dans cette zone pendant de nombreux mois. Il y a beaucoup de gallus, et les éleveurs vont être empêchés de remplir leurs bâtiments pour les prochaines semaines. C'est un coup dur parce qu'on pensait la maladie stabilisée.
Combien d'animaux seraient concernés par le dépeuplement ?
On a un zonage de 10km qui a été mis en place avec un dépeuplement à 5 km pour les palmipèdes et 1 km pour les gallus. On en a très peu par rapport à ce qu'a pu connaître l'Astarac ou l'Armagnac. 5 à 6 000 bêtes sont concernées. Ça reste un drame pour les éleveurs touchés. Malgré le risque migratoire en baisse et les beaux jours qui reviennent, il est toujours là. C'est un un virus très compliqué à maîtriser.
Justement, quel est l'état d'esprit des éleveurs?
C'est un de massue. Ils ont le sentiment que ça ne s'arrête pas et il y a beaucoup de résignation. Cette impression que le lendemain n'est pas clair, que malgré toutes les mesures en place, l'exposition ne s’arrête pas. Je reste optimiste, on va trouver les actions collectivement pour de novelles solutions et pouvoir produire demain. Mais il est vrai que les éleveurs sont touchés dans leur chair, humainement c'est très dur.
Conjugué au covid, le mot « confinement » ne doit pas arranger les choses.
Ce contexte sanitaire pesant empêche d’avoir une vie normale et vient s'ajouter à cette ambiance. Le covid, on sait que la sortie sera progressive. C'est pareil pour la grippe aviaire, les éleveurs doivent continuer à être rigoureux. Il nous faut déployer notre savoir-faire et nos règles de biosécurité.
L'ouest était principalement touché. Aujourd'hui, c'est l'est. La ligne entre Marciac et Condom pour endiguer la progression de l'épidémie avait pourtant fonctionné.
Ça a très bien marché, elle avait permis de protéger la moitié est du Gers. Mais le virus est remonté par les Pyrénées vers l'Astarac. Nous ne désespérons pas, c'est une zone de plus faible densité.
L'abattoir de Saramon est-il soumis à des contraintes de par sa proximité ?
L'abattoir se trouve dans le zonage, mais au-delà des 5 km. Je ne pense pas qu'il y ait de conséquences directes. Les arrêtés sont en cours de réflexion à la préfecture du Gers. Tout est en cours de calage pour définir le zonage.
Vous avez pu échanger avec les ministres hier ?
On a parlé du plan relance sur lesquels les agriculteurs ont beaucoup candidaté. Plus de 15% ont prétendu à des aides sur investissement. Nous étions à la coopérative de Saint-Mont pour remettre au goût du jour tous les vieux cépages. Ce plan de relance va permettre à l'agriculture de trouver de bons leviers pour rester dynamiques.
Le webinaire qui devait se tenir sur la grippe aviaire vendredi est maintenu malgré ce nouveau cas ?
Oui, car certains éleveurs sont arrêtes depuis la fin décembre et on doit les garder informés comme l'ensemble des gens qui travaillent dans la filière, aujourd'hui sinistrée. Le parti pris de la chambre d'agriculture du Gers, c'est d'informer le plus souvent les acteurs de la filière.
N.M
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