Alain Bouffartigue : « On ne veut pas dire qu'on est convalescent »

30 septembre 2020 - 05:35
La 23 ème édition du festival « Indépendance(s) et création » débute aujourd'hui sur les sites de Ciné 32, à Auch et dans le reste du Gers. Un rendez-vous perturbé comme beaucoup d'autres par la Covid-19 mais qui aura au moins le mérite d'être maintenu. Le président de l'association, Alain Bouffartigue, revient en détails sur l'événement.
 
 
 
Malgré la crise sanitaire, vous avez décidé de maintenir le festival...
Oui, nous avons fait le pari juste après le confinement qu'on pouvait tenir cette édition. Nous y sommes. Avec c'est vrai, une situation moins légère qu'on l’espérait, nous sommes encore au cœur du problème. Les mesures sanitaires sont prises avec un maximum de sécurité et la joie de perpétuer ce rendez-vous autour du cinéma, dans sa dimension de création, de diversité, d'intelligence. De rencontres et de regards sur la réalité de la vie.
 
Vous avez dû craindre le discours du préfet lundi...
On a déposé notre demande en prévision des conditions à respecter et nous n'avons pas eu de retour négatif. Nous allons faire ce que nous nous sommes engagés à faire, sauf imprévu. Les imprévus font partie de la vie mais je suis confiant.
 
Quant à la programmation, la globalité est sauvée...
Nous avons 10 films de moins que l'an dernier ce qui n'est pas énorme. 46 nouveautés et une grande réédition « Le ciel est à vous ».  
 
Des thématiques se dégagent cette année ?
Pas de thématique, mais on peut en apercevoir en regroupant certains films. On verra la mise en question de la domination masculine, l'inquiétude face a l'état du monde et un regard sur l'Histoire avec deux films portant sur la guerre d'Algérie.
 
Le cinéma sert à mettre en évidence certains maux de l'Histoire, des réalités sociétales qu'on tend à esquiver ?
C'est une indépendance par rapport à ce qui est imposé de l'extérieur et qui peut être arbitraire. Nous ne faisons pas le choix de la provocation, nous prenons les films et les choisissons pour composer le paysage de la création. Le cinéma peut apporter un éclairage sur la vie, sur le monde, la politique. C'est un instrument de mystification comme un formidable outil contre le déni de réel.
 
Quels sont les films qui vous ont le plus marqué ?
Il y a vraiment des tas de films formidables. Guillaume Brac revient pour la troisième fois à Auch avec « A l'abordage ». Mais il y en a tellement d'autres. On ne fait que cueillir les fruits. La vie des salles de cinéma c'est une tension entre l'économie d'industrie d'un côté et la création artistique de l'autre. Notre festival ne prétend pas changer les choses mais il reste une exception culturelle de l'indépendance et de la création. On est pas là pour imposer des films mais donner l'envie à ceux qui voudraient les voir de venir. Absolument pas d'exploser le box-office.
 
Vous parlez de la santé économique des salles. Comment se porte Ciné 32 en cette crise sanitaire ?
On ne veut pas dire qu'on est convalescent, on a été frappé comme tout le monde. Les entrées se sont effondrées à cause de ces gros films qui ont totalement disparu. Mais on garde un public très fidèle avec une proposition de films qui continue d'exister. C'est aussi pour ces réalisations que nous souhaitions agrandir nos locaux.
 
Vous souhaitiez créer deux nouvelles salles sur le site de la Caserne Espagne...
La covid a retardé un peu l'échéance. Il ne faut pas s'avancer tête baissée dans cette situation préoccupante.

Le festival se tiendra du 30 septembre au 4 octobre 2020, à Auch et dans le Gers, sur les sites de Ciné 32. La programmation complète est à retrouver sur le site http://www.independancesetcreation.com/films?field_edition_tid=25

Propos recueillis par N.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article