Auch : un collectif rassemblé devant la préfecture pour dénoncer l'expulsion d'un Ivoirien

130 personnes ont manifesté ce jeudi soir devant les portes de la préfecture du Gers pour dénoncer l'expulsion d'un Ivoirien du Gers vers Abidjan. L'appel au rassemblement a été lancé par la Coordination des collectifs migrants du Gers.

« Les conditions dans lesquelles il a été expulsé sont innommables » tempête Fabienne Vayrette, l'une des organisatrices de ce rassemblement qui visait à dénoncer ce jeudi soir l'expulsion d'un Ivoirien de 40 ans vers Abidjan, sa terre d'origine. Selon la Coordination des collectifs migrants du Gers, Jean-Claude serait venu signer lundi un document au commissariat d'Auch « comme le veut la procédure habituelle » en présence de sa compagne, une burkinabè naturalisée française.

Mais Jean-Claude n'est jamais revenu. Il a été conduit vers le centre de rétention administratif de Cornebarrieu, en Haute-Garonne, puis expulsé le mardi vers la Côte-d'Ivoire, sans être présenté à un juge des libertés et de la détention. Une mesure légale pour l'administration. « Si Jean-Claude avait été retenu plus de 48 heures, il aurait été automatiquement présenté à un juge des libertés mais là, son expulsion a été tellement rapide, qu'il n'en fut rien » poursuit Fabienne Vayrette. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, Jean-Claude a été expulsé.

Ce que dénonce le collectif, selon Fabienne Vayrette, ce sont les conditions de son expulsion. « Il a été sorti du pays les mains liées et bâillonné selon les informations transmises par la CIMADE (une association de soutien aux migrants, NDLR). Ces conditions d'arrestation auraient été jugées déloyales par la jurisprudence, il aurait vraisemblablement été libéré par le juge des libertés mais il a été expulsé avant ». Selon le collectif, Jean-Claude travaillait dans le secteur agricole et se trouvait depuis quatre ans dans le Gers où il prévoyait de se marier. « Les démarches avaient été faites auprès d'une mairie du département ».

Contactée par la rédaction de Hit FM Radio, la préfecture du Gers, où une délégation a été reçue hier en fin de journée par le secrétaire général, affirme que Jean-Claude se trouvait dans le département « sans titre de séjour ni papiers ». Quant aux conditions d'expulsion, « tout s'est bien passé, il a même été soumis à un test PCR comme le veut la procédure. C'est au moment de monter dans l'avion qu'il a eu une réaction. Il n'a jamais parlé d'un mariage à venir ni même d'un travail dans une exploitation agricole, et ce malgré l'envoi de plusieurs courriers de notre part ».

Toujours selon les services de la préfecture du Gers, Xavier Brunetière « reviendra sur sa décision d'interdiction de revenir sur le sol français pendant un an s'il présente effectivement un contrat de travail ou s'il se marie avec sa compagne dans son pays. Il reste le bienvenu en France » confie-t-on à la préfecture du Gers.

N.M